

Les premiers caféiers furent introduits en Colombie en 1730 grâce aux jésuites espagnols, dans la région Nord, et plus précisément dans les districts de Santander et Boyaca. Au XIXeme la caféiculture se développe et nous assistons, en 1835, aux premières exportations de sacs en direction de la frontière, à Cúcuta. L’histoire rapporte qu’un prêtre de la ville Salazar de Las Palma, nommé Francisco Romero, passionné par le café et inspiré, demandait à ses paroissiens sous confesse de planter des caféiers pour expier leurs péchés. Certains pensent qu’il fût l’un des moteurs du développement de la caféiculture sur les bourgades voisines. Quoi qu’il en fût, en 1850, la production parvenait à Antioquia, Cundinamarca et Caldas.
La Colombie possède plus de 6,2 millions d'hectares propices à la culture du café, soit 5,4 % de la superficie nationale. On dénombre 853 361 hectares, principalement cultivés par de petit·es producteur·rices, dont près de 96 % possèdent moins de cinq hectares, comme le producteur Jefferson Adrián Motta qui a produit ce lot de café. Jefferson a grandi au cœur de la province de Huila, au Sud de la Colombie, dans l’une des régions caféières les plus renommées de la production colombienne. Issu d’une famille humble et travailleuse de caféiculteurs, la vie de Jefferson est imprégnée depuis son enfance d’une tradition familiale intimement liée au café. Il a tissé un lien profond avec la terre et a nourri son affection pour la caféiculture. Dès son jeune âge il rêvait de posséder sa propre ferme pour donner vie à sa vision : un café authentique élaboré avec soin, minutie et respect de la biodiversité. Aujourd’hui, et grâce au soutien de ses parents, ce rêve est devenu réalité. Et de quelle manière ! Une ferme avant-gardiste tournée vers l’innovation et l’amélioration des processus de fermentations, où les caféiers cultivés riment avec Gesha, Bourbon Aji, Bourbon rose… À la ferme, Jefferson a su trouver ce mélange entre tradition et expérimentation réfléchie, où les pratiques agricoles classiques, raffinées et basées sur le terroir se marient avec des techniques de fermentation avancée (anaérobie, inoculation de levure, chocs thermiques…). Dans sa démarche, on perçoit son souci de précision, de durabilité et cette volonté profonde de repousser les limites de la qualité et des trames organoleptiques du café. Ce lot de Bourbon Aji reflète cette approche : flatteur, expressif, complexe et maîtrisé. Le dévouement et les multiples expérimentations de Jefferson ont permis à sa ferme de devenir une référence pour le café. Cette notoriété offre des opportunités à sa famille et à sa communauté tout en orientant le café de Huila vers de nouveaux niveaux d’excellence.
La fiabilité « certaine » du protocole d’analyse génétique de cette dernière décennie a permis d’élargir considérablement les connaissances sur les origines génétiques des variétés ou cultivars. Une avancée qui apporte un éclairement nouveau sur l’origine de nombreuses variétés comme la récente « Bourbon Aji ». Cette dernière, cultivée majoritairement dans la région de Huila, devrait son nom « Aji », à l’arôme épicé et poivré de ses cerises. Une analyse génétique menée par le laboratoire RD2 Vision affirme que la souche génétique Bourbon Aji appartient aux variétés d’Éthiopie centrale (Sud ou Sud-Ouest) ; il ne s’agit donc pas de Bourbon. Aji rentre dans le même groupe que les variétés locales éthiopiennes : Wush-wush, Chiroso, Bourbon rose, Bourbon Sidra et du JARC. La variété cultivée Bourbon Aji a su convaincre les caféiculteur·rices par ses qualités gustatives admirables. Le producteur Lasso de José Uribe a remporté la 6ème place des Cup of excellence 2023 avec Bourbon Aji.

Colombie
Nouvelle sélection Fève — COLD COFFEE EDITION — "Seasonal Cold Brew" Avec ce « Cold Coffee Edition », Fève met en lumière ce travail d'orfèvre le temps d'une saison. Cette sélection éphémère est une invitation à découvrir comment l'extraction à froid sublime la finesse de ce Bourbon Aji travaillé avec passion et précision. Issu de la ferme avant-gardiste de Jefferson Adrián Motta, ce lot incarne l'alliance entre tradition familiale et innovation radicale. Bien que son nom évoque le Bourbon, les analyses génétiques rattachent cette variété aux souches d'Éthiopie centrale (proche du Wush-wush). C'est cette identité unique, couplée à une double fermentation sur un honey, qui libère un profil d'une clarté cristalline : fraise éclatante, framboise, sucre roux et une touche d'orange. Jefferson utilise l'anaérobie et les chocs thermiques non comme des mots-clés, mais comme des outils au service d'une expression aromatique maîtrisée.
