

Les premiers caféiers furent introduits en Colombie en 1730 grâce aux jésuites espagnols, dans la région Nord, et plus précisément dans les districts de Santander et Boyaca. Au XIXeme la caféiculture se développe et nous assistons, en 1835, aux premières exportations de sacs en direction de la frontière, à Cúcuta. L’histoire rapporte qu’un prêtre de la ville Salazar de Las Palma, nommé Francisco Romero, passionné par le café et inspiré, demandait à ses paroissiens sous confesse de planter des caféiers pour expier leurs péchés. Certains pensent qu’il fût l’un des moteurs du développement de la caféiculture sur les bourgades voisines. Quoi qu’il en fût, en 1850, la production parvenait à Antioquia, Cundinamarca et Caldas.
Ce café provient de la ferme « La Piragua » située à l’extrémité Sud de la région de Huila, dans la municipalité de Palestina proche du village de Los Olivios. Nous voici dans une structure familiale de plusieurs générations, actuellement dirigée par Alexander Vargas, un producteur dont le nom est bien connu dans la région. Son engagement dans la caféiculture dès son plus jeune âge (15ans), force le respect. Dans les traces de ses parents, une culture de tradition ancestrale fut maintenue, mais Alexander se tourna vers le futur et fit évoluer sa caféière au fil des décennies. A 20 ans un premier virage s’opère avec la mise en production sur les 10 hectares de sa ferme, des cultivars d’excellences. Le Gesha, le Bourbon : rouge, rayé et rose rentre dans la spirale qualitative. Au cours des 20 années suivantes, il ne cesse de se former, de se perfectionner et d’expérimenter de nouveaux processus de transformation. Sur des cultivars comme les Geshas et Bourbons, Alexander a mis en place des fermentations anaérobies sur des processus lavés ou naturels, chaque étape est méticuleusement contrôlée et exécutée avec soin. Sur l’ensemble des autres cultivars comme le Tabi, Caturra et le Java des méthodes de lavage traditionnelle furent conservées. Alexander a établi un laboratoire de contrôle qualité au cœur de sa structure pour analyser et classifier ses cafés, en veillant à ce que seuls les meilleurs arrivent sur le marché. Et pour conclure, nous pourrions dire que la vie d’Alexander Vargas reflète l’histoire d’un caféiculteur qui consacre son existence à produire, en regardant vers l’avenir avec optimisme et détermination. Chaque tasse de café produite raconte une histoire, elle révèle le labeur, le dévouement et l’amour d’un homme pour la terre et ses fruits.
Le caféier Caturra est issu d’une mutation naturelle du Bourbon. Elle fut découverte dans les années 1915-1918 au Brésil dans la région de Minas Gérais. Cette transformation a modifié la plante vers une taille plus petite (nanisme) – d’où le nom Caturra qui signifie petit en langue indigène Guarani. Cette variété cultivée prendra son essor en 1937 après que les premières sélections furent réalisées par l’Institut Agronomique de Campinas (Brésil). Le cultivar sera introduit au Guatemala dans les années 40, mais son développement commercial prendra plus de 3 décennies. Après le Guatemala, des producteur·rices planteront ce caféier au Costa Rica, au Honduras et au Panama. Le rayonnement économique du Caturra dans la caféiculture d’Amerique centrale fut la plus importante pendant des décennies. La variété Colombia fut développée par le centre national d’investigation sur le café (Cenicafé) en Colombie. L’objectif était d’endiguer les maladies dévastatrices du caféier comme la rouille. Les premières recherches débutèrent en 1968 et donnèrent naissance au caféier Colombia en 1983.

Colombie
À l’extrême sud de Huila, la ferme familiale La Piragua est menée par Alexander Vargas, figure engagée de la caféiculture colombienne. Sur 10 ha, il cultive Gesha et Bourbons d’exception, associés à des fermentations précises et maîtrisées. Innovation, exigence et transmission façonnent ici des cafés profondément expressifs du terroir.
