

La caféiculture va débuter au Guatemala sous conquête espagnole au milieu du 18ème siècle. Les premiers plants furent mis en terre par des jésuites de la Société de Jésus, dans les jardins de leur couvent, dans la ville que nous connaissons maintenant sous le nom d’Antigua. Le caféier sera considéré pendant longtemps comme un arbuste d’ornement sans intérêt ; mais au début du 19ème siècle le changement s’opère et la caféiculture démarre. En 1835 le gouvernement encourage la filière à l’aide de subventions massives avec pour conséquence une envolée de la production. Le Guatemala se recentre sur sa production caféière en 1850 suite à l’effondrement des exportations d’indigo ; les exportations caféière démarrent, vers 1859 pas moins de 383 sacs de 60kg furent exportés.
Certains domaines comme Santa Felisa écrivent l’histoire caféière au Guatemala depuis plus d’un siècle. Même si la première ferme (El Paraxaj) fut créée par M. Trinidad E. Cruz, actuellement, et depuis quatre générations, ce sont les frères et sœurs Meneses qui administrent et exploitent la Santa Felisa, avec à leur tête Anabella et Antonio. Le temps n’a pas altéré les convictions et le chemin tracé ; il et elle ont su conserver les valeurs originelles d’intégrité, de qualité, de loyauté et d’impartialité. Ces valeurs les ont guidées à travers les tendances en constante évolution et les turpitudes du marché. Anabella, agronome, écologiste et Q-Grader de la famille, a pris à sa charge de faire passer le niveau de caféicultur·rices vers l’excellence en 2010. Cela signifie de définir des protocoles précis de la plantation, à la cueillette et puis de la fermentation vers le séchage. Chaque jour, le travail doit être analysé pour mettre en adéquation les besoins de la communauté et les possibilités qu’offrent « les lois de la nature » dans une vision durable. Ici, le niveau d’exigence élevé impose un contrôle strict de chaque lot à la ferme. En 2010, les El Paraxaj et Chualax, Anabella et ses proches ont réalisé un travail titanesque avec la mise en culture des variétés Pacamara, Gesha, Sudan Rume… le tout dans un biome forestier où l’ombrage peut atteindre les 70%. Nous pouvons légitimement parler d’une culture proche de l’agroforesterie et d’un profond respect du milieu. Le clan Meneses aborde la caféiculture comme un tout ; il croit que les pratiques responsables, durables, les questions sociales et environnementales forment le socle d’un résultat direct sur une tasse de café remarquable. Leur conception de la caféiculture est éprouvée depuis des années et, aujourd’hui, la Santa Felisa fait partie du cercle très fermé des caféières d’excellences et d’enchères comme le sont les : El Injerto, El Socorro, La Reforma, Rosma et quelques autres. Finalement les frères et sœurs de Meneses ne sont pas seulement des producteur·rices de café, ce sont des cultivateur·rices de café spécialisés qui offrent un avenir meilleur à la communauté.
Parlons du Sudan Rume ou Rume Sudan, une variété ancestrale considérée comme très qualitative. Les premiers écrits relatent sa présence au Sud Soudan, dans les forêts du plateau de Boma vers 1929. Un conseiller botaniste du gouvernement soudanais, J.G Myers, confirmera en 1938 que des caféiers arabicas poussaient sur les pentes de Nelichu (Soudan). Mais il faudra attendre décembre 1941 pour que le botaniste A.S Thomas, du département ougandais de l’agriculture, sélectionne et documente les semences des localités de Rume et Barbuk ; certains caféiers sauvages de cette dernière contrée mesuraient 5,5m. Au cours de cette expédition des graines furent collectées et envoyées également aux centres de recherches agricoles de Amani, Lyamungu en Tanzanie et aux laboratoires Scott de Nairobi au Kenya. Le Sudan Rume s’utilise fréquemment en hybridation dans certains cultivars car il résiste à la maladie de la cerise du caféier (CBD).

Guatemala
Au Guatemala, Santa Felisa perpétue depuis plus d’un siècle une caféiculture guidée par la famille Meneses, entre intégrité, qualité et engagement communautaire.
Sous l’impulsion d’Anabella, agronome et Q-Grader, la ferme a structuré chaque étape de production pour atteindre l’excellence.
Variétés d’exception et approche agroforestière ont hissé Santa Felisa parmi les domaines les plus prestigieux du pays.
