

Nous pouvons estimer que le café poussait déjà au Pérou dans le milieu du 18ème siècle ; le marché intérieur drainait la consommation et les exportations étaient faibles. Il faudra attendre la fin du 19ème siècle pour voir le marché à destination de l’Europe s’envoler avec la chute des exportations indonésiennes ; l’archipel est durement impactée par un fléau : la rouille des caféiers. Le Pérou reste un pays de labeur et de contradictions, celui des modestes paysan·nes, celui des 220.000 petit·es producteur·rices où les caféiculteur·rices exploitent des parcelles moyennes de 3ha. Et pourtant cette nation se place au neuvième rang mondial de la production caféière en 2025/2026.
La ferme Cerro el Tigre est située à l’extrême Nord du Pérou, proche de l'Équateur, dans la région escarpée d'Alto Ihuamaca, au sein de la province de San Ignacio. Cette région remarquable, qui fait partie du département de Cajamarca, est réputée pour sa végétation tropicale luxuriante, sa riche biodiversité ainsi que l'abondance de sa faune et sa flore. La rivière Chinchipe irrigue les terres et entretient un écosystème florissant. Elle est le lien entre le paysage et l’agriculture, elle confère aux cafés d'Alto Ihuamaca leur caractère distinctif et leur profondeur, reflétant à la fois la vitalité de l'environnement et le soin apporté par ceux qui les cultivent. Nichée dans les montagnes escarpées d'Alto Ihuamaca, la caféière a été fondée en 2019 par Lisandro Jiménez mais son exploitation officielle remonte à 5 années. Cette structure familiale, désireuse de cultiver le café au cœur de ce biome forestier, travaille en grande partie sous ombrage naturel. La ferme dispose d’une superficie totale de 3ha où sont cultivées des variétés de caféiers prisés comme les Geisha, Typica, Bourbon et certaines variétés classiques. La parcelle de Gesha qui compose ce lot de café représente à elle seule une surface de 1ha. Elle s'épanouit sur les pentes fertiles situées près du sanctuaire national de Tabaconas Namballe. Les processus de transformation des cerises regroupent des méthodes traditionnelles mais aussi expérimentales (anaérobie, fermentation étendue, carbonique…). Le nom de la ferme « Cerro el Tigre » fait référence à une montagne voisine célèbre pour sa formation rocheuse spectaculaire aux nuances d'orange et de noir évoquant le majestueux tigre qui a donné son nom à la région.
Nous découvrons les origines de la variété Gesha dans les notes d’un botaniste anglais basé au Kenya, Mr T. Blore. Bien que la découverte du Gesha à l’état sauvage remonte à 1931, nous apprenons que les graines furent prélevées par le capitaine Richard Whalley, consul de la région de Bench Maji (Machi) aux alentours de 1936. La zone de collecte se situe dans les forêts escarpées de Gori Gesha dans la partie Ouest de l’Ethiopie, province de Maji. Les fèves prendront la direction de Kitale (colonie anglaise) où elles furent plantées. Puis ce fut au tour des centres de recherches agricoles de Kawanda, en Uganda et Lyamungu, en Tanzanie de recevoir les graines. Il a fallu attendre 1953 pour que le cultivar Gesha arrive de Tanzanie au Costa Rica où il sera enregistré avec le code d'accession génétique « Geisha T2722 ». A l’époque, l’origine de ce caféier et la résistance accrue qu’il oppose à la rouille intriguent les agronomes. Il faudra attendre 1963 pour voir l’arrivée du Gesha au Panama, dans la région de Boquete, grâce à un érudit d’agronomie, Francisco Antonio Serracín.

Pérou
Ce café nous provient de la ferme Cerro el Tigre au Pérou, fondée par Lisandro Jiménez au cœur d'un biome forestier luxuriant. Sur ses 3 hectares cultivés sous ombrage naturel, cette exploitation familiale fait éclore des variétés d'exception, dont une parcelle dédiée de Gesha. Transformées avec audace, mêlant traditions et fermentations expérimentales (anaérobie, carbonique), ses cerises révèlent toute la profondeur et la vitalité d'un terroir unique.
