

Les premiers pas de la culture caféière se font au Rwanda, sous gouvernance allemande vers 1900, avec l’introduction par des missionnaires des premiers pieds de café dans la région de Mibirizi. En 1930, l’empire colonial belge règne sur les terres du Rwanda anciennement appelées Ruanda-Urundi (1922), la caféiculture est rendue obligatoire par les autorités et ne cessera de croître sur la décennie suivante. Il faut produire coûte que coûte pour alimenter la consommation extérieure. En 1962 un vent de liberté souffle sur le pays, l’indépendance est signée. A partir de 1973 le café était considéré comme si précieux qu’il était illégal d'arracher les caféiers du sol. Aujourd'hui 400 000 petit·es producteur·rices portent l’industrie du café au Rwanda et cultivent souvent des parcelles inférieures au ¼ ha.
Les productrices de ce café sont situées dans le secteur de Rukoma, district de Kamonyi, dans la province sud du Rwanda. À l'image d'une grande partie du Rwanda, « le pays des mille collines », le relief est montagneux, accidenté et d'une beauté exceptionnelle. La richesse des sols volcaniques, l'ensoleillement généreux et les pluies tropicales offrent des conditions idéales pour la culture de l'arabica. Ce lot de café biologique, entièrement lavé, est assemblé à la station de lavage Mbizi fondée en 2018. Cette structure, installée dans la municipalité de Rutobwe, se trouve à 2200 m d'altitude, ce qui en fait probablement la station de transformation la plus haute du Rwanda. Son exploitation revient à l’exportateur Gihanga Coffee, créé en 2020 par deux hommes passionnés: Mr Jean Nkunzimana et Mr Audace Ngabonziza. Leur station travaille avec environ 3080 petit·es agriculteur·rices de la région et les surfaces cultivées font en moyenne 4ha. Comme évoqué en introduction, ce lot de café est cultivé exclusivement par des femmes ; elles appartiennent à la Women Coffee Extension (WCE). Cette coopérative, fondée en 2017 par Aline Christine et Odette Uwamariya, rassemble aujourd’hui 700 agricultrices et donne une voix plus forte aux productrices de café de spécialité Rwandaise. La WCE s’attache à former et à autonomiser ces femmes en utilisant la production et la vente de leurs propres produits comme un ascenseur social. Elle propose des services tels que la planification familiale, des programmes de nutrition, des formations aux pratiques agricoles et fournit même des vaches et des chèvres à ses membres. Ces initiatives ont transformé la vie de nombreuses agricultrices et le constat est sans appel : rien que pour la production de café le rendement est passé de 3 à 4 kg par arbre. La station de lavage a augmenté sa production de café vert, passant de 3 à 6 conteneurs. Pour l’avenir, la WCE ambitionne de continuer à développer ses programmes au profit de ses membres. Elle travaille actuellement à l’obtention de la certification Rainforest Alliance afin d’accroître la qualité de son café.
Au Rwanda la variété ancestrale Bourbon et ses cultivars représentent 95% des caféiers. La naissance de la variété Bourbon débute sous l’impulsion de Louis XIV, en 1708, avec une première tentative d’introduction de ce caféier sur l’île de la Réunion (anciennement nommée Bourbon), ce fût un échec et les arbres périrent. Il faudra attendre 1715 pour voir Dufresne D’Arsel, commandant de vaisseaux en provenance du Yémen, déposer sur l’île les plants rescapés de la traversée ; le bourbon était né. En 1719, les premières semences furent distribuées aux colons et les plantations caféières virent le jour.

Rwanda
Ce café nous provient de la station Mbizi, la plus haute du Rwanda (2 200 m), où 700 agricultrices de la coopérative WCE produisent un lot biologique d'exception. Grâce à un programme d'autonomisation unique offrant formations et soutien social, ces femmes ont doublé la production de la station et amélioré leurs rendements. Un café engagé qui allie qualité supérieure et impact social transformateur.
