

L’introduction du café au Nord-Ouest de la Tanzanie reviendrait à la tribu Haya. Celle-ci l’aurait rapporté au cours du XVIème de la région voisine située en Abyssinie (Ethiopie). Il s’agissait probablement d’une variété unique de type Robusta. Le mode de préparation se faisait alors par infusion très lente des cerises et injonction d’épices (herbes) avec une chauffe proche de l’ébullition ; les drupes étaient ensuite dégustées. A partir de 1885 la Tanzanie passa sous gouvernance allemande et, en 1911, l’administration imposa de planter des caféiers dans toute la région du Bukoba. Le gouvernement impose alors à la tribu Haya d’entrer dans l’économie monétaire en place. Les Hayas, réticents à remplacer les cultures vivrières par des Arabicas importés par les colons, céderont sous la pression. A l’image de la tribu Chagga, de la région du Moshi, sur le Mont Kilimandjaro, les volumes produits vont croître brusquement à partir du début du 19ème siècle. Pour se faire une idée, les exportations de café de Bukoba évoluèrent de 234 à 681 tonnes entre 1905 et 1912 !
Niché au pied du mont Meru, au nord de la Tanzanie, non loin de la cime enneigée du Kilimandjaro et de la ville d’Arashu, « Burka Coffee Estates » est l’une des plus anciennes et vaste caféière du pays, fondée en 1899 par des colons allemands. Le domaine passera sous protectorat britannique à la défaite des Allemands en 1918 et la culture de l’Arabica débute. Il faudra attendre 1929 pour voir des investisseurs suisses acheter Burka coffee et propulser la structure dans une caféiculture moderne. Depuis, elle n’a cessé de se développer avec, à sa tête, Mr Dean Paterson originaire d’Arashu. Un homme aux multiples responsabilités au sein de la plantation, notamment en matière d’exploitation agricole, d’agronomie, de recrutement, de ventes et de financement ; il décide aussi des investissements nécessaires aux infrastructures. Dean et Burka Coffee ont à cœur de bâtir une communauté forte et inclusive pour leurs employé·es. Au centre de cette approche se trouve Selian village, un quartier résidentiel spécialement conçu et entretenu par le domaine pour favoriser le bien-être de leurs employé·es et de leurs familles. Un soutien et des services primordiaux sont alloués tels que des écoles, des soins médicaux, des jardins, des parcelles pour les retraité·es, des systèmes d’irrigation, des installations sportives et des lieux de culte. Burka coffee favorise un cadre de vie solidaire et participatif afin que leur équipe s’épanouisse tant sur le plan professionnel que personnel. Cette démarche démontre un attachement profond à la valeur humaine et aux conditions des cafés produits. Les fermier·ères pratiquent l’agroforesterie sous ombrage, remplacent les arbres non indigènes par des espèces locales ; la protection des prairies et des zone humides stimule la biodiversité. Ces producteur·rices maintiennent un délicat équilibre entre terres cultivées et espaces naturels protégés.
La variété Blue Mountain est issue de l’arborescence Typica, elle serait, comme tous les cafés Arabica, originaire du sud-ouest de l’Éthiopie. Au cours du XV ou XVI, le Typica fut introduit aux Yémen. Puis, dès 1700, on retrouve des graines Yéménites cultivées en Inde. En 1696 et 1699 des graines furent envoyées par les hollandais de la côte Malabar, en Inde, à l’île de Java en Indonésie (anciennement Batabia). Ces quelques graines furent à l’origine de ce que nous connaissons aujourd’hui comme étant la variété Typica. En 1706 un plant de café Typica fut transporté dans les jardins botaniques à Amsterdam. Puis les longues voies coloniales maritime favoriseront en 1719 son introduction en Guyanne Hollandaises, puis en Guyanne Française (1722) et de là vers le nord du Brésil en 1927. De Paris, des plants seront envoyés en Martinique, aux Antilles, en 1723. Le gouverneur anglais de Jamaïque, Sir Nicholas Lawes, importera, vers 1729, 8 plants de Typica ; cette variété cultivée sera alors nommée Jamaica Blue Mountain.

Tanzanie
Ce café nous provient de Burka Coffee Estates, un domaine historique fondé en 1899 au pied du mont Meru en Tanzanie. Sous la direction de Dean Paterson, cette vaste plantation allie excellence agricole et engagement social profond, offrant à ses employés un village complet (écoles, soins, logements) pour favoriser leur épanouissement. Pratiquant une agroforesterie respectueuse qui préserve la biodiversité locale, Burka cultive un Arabica d'exception dans un équilibre harmonieux entre terres cultivées et espaces naturels protégés.
